Y a-t-il une vie avant la mort?

L’hypnose pour le deuil

 

Aujourd’hui, je voudrais développer avec vous un sujet qui nous concerne tous, de près ou de loin. Un sujet délicat qui est souvent  un facteur d’anxiété et un point de blocage pour de nombreuses personnes.

 

Faire son deuil, c’est un processus qui prend du temps. C’est assez rare que des personnes me contactent directement par rapport à ça, mais ça fait partie des choses qui ressortent pendant les séances d’hypnose.

 

Quand vous travaillez sur l’anxiété et ses conséquences (addictions, compulsions et autres), vous devez forcément vous intéressez au vécu de la personne. Et parfois, il y a cette personne décédée qui est évoquée.

Souvent, quand ils en parlent dans un cadre particulier comme la session d’hypnose, les personnes se rendent compte que le deuil n’est pas fait. On croit que c’est géré et en fait, ce n’est pas le cas.

On croit qu’on est passé à autre chose, qu’on a avancé alors qu’une partie de soi reste en arrière, bloquée dans des émotions et des questionnements qu’on a simplement occultés.

 

Parce qu’on est attentifs aux évènements récents et qu’on a tous une vie bien remplie, on laisse une masse de problèmes passer à l’arrière-plan pour se concentrer sur le présent. C’est normal et de temps en temps, ça vaut le coup de revenir un peu en arrière pour lâcher ses casseroles.

 

je rencontre des personnes qui ont perdu un parents, une soeur, parfois un enfant, il y a des années, voire des dizaines d’années et qui n’ont pas eu le temps ou les moyens de vraiment le gérer.

Comme pour beaucoup de sujets, tant qu’on n’a pas fait un travail spécifique, les problèmes ne se résorbent pas tout seuls. On les perd de vue mais ils sont toujours là.

 

Et dans le cas du deuil, on se rend compte que les absents prennent beaucoup de place.

 

 

 

Faire son deuil, mode d’emploi

 

Je ne sais pas vous, mais moi, on ne m’a pas préparé à la mort. C’est pourtant le processus le plus naturel qui soit et la seule chose dont on est vraiment sûr. Tout ce qui est vivant doit mourir un jour.

Et pourtant, c’est la chose à laquelle on est le moins préparé.  Même si on retrouve dans toutes les cultures, dans tous les pays et à toutes les époques, des rituels qui permettent d’enregistrer l’information, personne n’est jamais vraiment équipé pour gérer la mort d’un proche.

 

Quand mon père est mort, je savais que ça allait arriver. Je veux dire, je m’y attendais parce qu’il souffrait de problèmes de santé et ses jours étaient comptés. Alors quand c’est arrivé, je n’ai pas été surpris. Et pourtant, je crois qu’il m’a fallu plus de 2 ans pour vraiment réaliser ce qui s’était passé.

Je savais, je comprenais et en même temps, je ne réalisais pas. Un jour, j’ai réalisé, j’ai craqué et j’ai commencé le processus de deuil.

Les jours qui ont suivi sa mort ont été étranges pour moi, ainsi que pour ma famille. Après les funérailles, je me suis isolé pendant 3 semaines, je ne voulais parler à personne. Je voulais qu’on me laisse ruminer tranquille. Mais les gens s’inquiètent et vous harcèlent avec les meilleures intentions du monde..

 

J’ai compris une première chose à cette époque: la mort est le problème des vivants. Tout ce que les gens vous disent sur la mort, toutes les histoires qu’on se raconte sur l’au-delà, tous les lieux communs (il est vivant dans ton coeur) tout ça, c’est pour essayer d’apaiser ceux qui restent. Ca fait partie du processus, les étapes du déni et du marchandage.

 

 

J’ai vu des gens mourir et j’ai vu encore plus de gens perdre des proches. Et personne n’y est préparé, que ce soit soudain ou prévisible. Personne n’a le mode d’emploi qui permettrait d’adoucir sa douleur.

 

Parce qu’il n’y en a pas. ca fait mal et c’est tout. Ca dure longtemps et je ne sais pas si on peut s’en remettre complètement. On s’adapte et la douleur finit par passer à partir du moment où on accepte d’avoir mal.

 

C’est paradoxal mais toutes les stratégies d’évitement de la douleur ne font que renforcer la douleur. Le refus d’accepter l’injustice naturelle et la pire douleur qu’on puisse s’infliger.

La mort vient toujours trop tôt, jamais au bon moment. La mort s’en fout de vous et de votre douleur. La mort est implacable et inévitable.

Le seul moyen de s’en sortir, c’est d’accepter, de renoncer à lutter.

 

Mais comment on fait ça? Je ne sais pas, c’est peut-être une question de but. Si on s’acharne à essayer de sens un sens à quelque chose qui n’en a pas, si on essaye de faire revenir les morts par la pensée magique, si on lutte désespérément contre quelque chose contre lequel on n’a pas de pouvoir, on ne peut que souffrir davantage.

 

Dans ce que j’en comprends aujourd’hui, le vrai deuil, ce n’est pas tant la mort de la personne que tout ce qui est resté en suspens. Tout ce qu’on n’a pas dit, tout ce qu’on n’a pas fait, tout ce qu’on a fait et pour lequel on n’a pas demandé pardon, tout ce qu’on n’a pas eu le temps de comprendre, toutes les fois où on n’a pas réussi à se faire entendre.. On peut s’adapter à l’absence de la personne. Le plus difficile à accepter, c’est que c’est trop tard.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a des bons cotés dans le deuil, mais il faut bien reconnaître que ça remet les choses en perspectives. Vos priorités changent, vous mesurez les choses avec une autre échelle de valeur, vous vous rendez compte de ce qui est vraiment important.

 

Vous avez déjà parlé avec une personne qui agonise? Une personne qui attend la mort ne vous parle pas de sa carrière ou de ses possessions mtérielles, ni de sa réputation ou de ce qu’elle pense que les gens pensent d’elle. Elle vous parle de sa famille, du temps qu’elle n’a pas passé avec ses enfants, de tout ce qu’elle ne leur a pas dit.

 

C’est dans le deuil que vous mesurez l’attachement.

 

Je vais conclure rapidement parce que ça devient déprimant, mais c’est un sujet tellement important.

Qu’est-ce que l’hypnose peut faire pour vous par rapport au deuil?

 

C’est évident que personne ne peut faire revenir les morts mais vous pouvez apprendre à accepter. Je vais être honnête, après le décès d’un proche, quoi que vous fassiez, les choses ne sont plus jamais comme avant. Mais vous pouvez vous donner le droit de continuer à vivre, et ça, à mon avis, c’est le plus important.

La peine que vous ressentez par rapport à cette personne défunte, c’est aussi ce qui vous relie à cette personne.

Le problème, c’est cette impression de trahir la mémoire de la personne décédée si on s’autorise à continuer sa vie sans pleurer tous les jours.

Et pourtant, vous n’y pouvez rien, ce n’est pas de votre faute. Et cette personne ne voudrait pas que vous pleuriez indéfiniment sa mort. Elle voudrait que vous avanciez. C’est ça que vous pouvez faire pour honorer sa mémoire, continuer à profiter de la vie avant que ça s’arrête.

 

Le fond du problème avec le deuil, c’est comme pour beaucoup de choses dans la vie: c’est un problème de culpabilité.

Se sentir coupable donne une illusion de responsabilité. C’est bizarre mais quand on se sent coupable d’un truc pour lequel on ne peut rien, ça donne l’impression d’avoir du pouvoir sur les évènements.

 

Bref, j’arrête là pour aujourd’hui. Vous savez que des moyens existent pour continuer à vivre. Il y a une vie après la mort des autres et il y a une vie avant votre propre mort, alors aujourd’hui, je voudrais que vous preniez le temps de vivre, de vous impliquer dans ce qui est vraiment important, d’être gentil avec les gens qui comptent pour vous et méchant avec ceux qui vous emm..

 

Merci de votre attention

 

Belle journée

 

 

Emmanuel