La culpabilité, un poison ordinaire

Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ce buzz qui s’est passé hier: une journaliste ou pseudo-journaliste a tapé sur une mère célibataire smicarde en disant sur LCI qu’elle aurait dû travailler à l’école et qu’elle n’aurait pas dû divorcer. Difficile de faire pire, niveau communication.

Cette journaliste sera certainement éjectée et remplacée par un autre clone, ça ne changera pas notre vie.

 

Ce que je remarque, c’est cette manie de taper sur les gens dès qu’ils expriment un problème. Et même si vous n’en avez pas, on va vous en trouver, soyez tranquille.

Et ça commence dès le plus jeune âge, si vous n’êtes pas dans le cadre, vous allez en prendre plein la tête.

Je vous parle de mon parcours personnel, et il n’est pas très différent par rapport à celui des gens que je rencontre au quotidien. A l’école, je mangeais trop lentement alors j’étais harcelé par les dames de la cantine, j’écrivais mal avec ma main gauche et ce p##### de stylo-plume alors le maître me donnait des coups de règle sur les doigts (c’était le bon temps) , j’étais timide, ensuite j’ai été obèse, puis addict à tout un tas de trucs pas recommandables, je n’étais pas physique, pas manuel, pas motivé pour les trucs normaux: l’école, le foot, les discussions ras des pâquerettes..

En fait, jusqu’à l’âge de 20 ans, j’étais un problème pour tout le monde. Trop comme ci, pas assez comme ça… Pas assez normal, quoi. Pas assez conforme à ce que tout le monde voulait pour moi.

C’est quand je suis parti faire mon service militaire que ça a changé. Et ensuite, quand je suis entré dans le monde du travail. Curieusement, c’était facile de s’adapter. Tout était devenu simple. Vous faites votre boulot normal, et quand vous rentrez chez vous, personne ne vous demande rien, personne ne vous dit qui vous êtes et tant que vous restez dans une certaine normalité, ça se passe bien.. Mais dès que vous exprimez quoi que ce soit qui vous donne l’air de sortir du cadre, les suggestions négatives arrivent de tous les cotés.

 

Le pire, c’est qu’on se les approprie. Vous finissez par croire que c’est vrai, tout ce qu’on vous a dit depuis toujours. Vous ne valez rien, vous êtes un problème, un cas désespéré.

 

Et au bout d’un moment, vous commencez à comprendre que des gens comme vous, il y en a plein. Et même au bout d’un moment, vous finissez par vous rendre compte que tout le monde est comme vous. Tout le monde se sent coupable de quelque chose.

 

Parce qu’on a tous été conditionné comme ça. A croire qu’on fait tout de travers et qu’on ne vaut pas un clou.

Il faut entendre comment les gens parlent d’eux-mêmes quand ils peuvent s’exprimer librement. La culpabilité transparaît dans toutes les phrases qu’ils prononcent. Je suis trop comme ci, pas assez comme ça, je n’ai pas de volonté, je n’ai pas confiance en moi, je ne suis pas assez performant, je ne suis pas assez parfait, je suis trop grosse, je ne sui spas une bonne mère, pas un bon mari, etc..

 

En fait, on n’a pas le droit d’être humain. Le problème quand on est conditionné par la culpabilité et la dévalorisation, c’est que quoi qu’on fasse, on aura toujours tort. Le simple fait d’exister est un problème.

 

Le problème, c’est qu’on ne peut rien améliorer dans sa vie quand on est pris dans ce système. C’est perdu d’avance. La culpabilité et la dévalorisation drainent votre énergie et votre motivation.

Avant d’espérer pouvoir changer quoi que ce soit dans votre vie, vous devez prendre conscience que la racine du problème se trouve bien souvent dans la culpabilité et la dévalorisation permanente.

La plupart des gens que je reçois en première séance ont une image extrêmement négative d’eux-mêmes. Je n’exagère pas en disant que beaucoup se détestent. Et comment voulez-vous rendre service à quelqu’un que vous détestez?

 

Vous devez apprendre ou réapprendre à faire la paix avec vous-même, à cultiver l’amour de soi. Je comprends que le concept d’amour de soi soit un peu mièvre, on peut parler d’estime de soi si vous préférez. Ou d’acceptation de soi. Peu importe comment on l’exprime. Ce qui est important, c’est d’intégrer la nécessité et l’urgence de sortir de la dévalorisation et de la culpabilité permanente.

 

Prendre conscience qu’on vous a dit de la m### toute votre vie, qu’on vous a menti en vous disant que vous étiez un problème. Prendre la décision de rejeter la dévalorisation et d’accepter votre humanité. C’est un travail ambitieux, ne démarche sur le long terme. Des solutions existent et il y a des gens comme moi qui peuvent vous aider dans cette démarche.

L’hypnose est une bonne méthode, il y en a d’autres, à vous de faire votre expérience et votre opinion. Quelque soit la méthode vers laquelle vous décidez de vous orienter, c’est une étape dans le processus. Le travail sur soi n’est jamais complètement abouti mais il s’affine avec le temps.

 

Vous ne le savez pas encore, mais vous êtes super!

 

 

Belle journée

 

 

Emmanuel

 

0682150905