adaptation et sur-adaptation

Aujourd’hui, nous allons aborder une partie plutôt abstraite de l’hypnose: le système d’adaptation.

Le système, d’adaptation, c’est quoi? A quoi ça sert et en quoi ça peut vous aider au quotidien?

Et dans les lignes qui suivent, vous allez découvrir les applications concrètes d’un travail sur le système d’adaptation.

 

Adaptation

 

Nous sommes tous dotés d’un système d’adaptation interne qui nous permet de rester plus ou moins dans une forme d’équilibre tout au long de notre vie.

(Le terme « système d’adaptation » est un raccourci, pour simplifier, comme le terme « inconscient » par exemple)

 

L’être humain est fait pour s’adapter. Au niveau physique et au niveau mental. Quand il fait trop chaud ou trop froid le corps régule sa propre température de manière autonome.

Quand nous sommes mentalement perturbés, nous vivons une tension qui s’estompe avec le temps.

 

En l’absence de perturbations, le corps et l’esprit reviennent naturellement à l’équilibre.

 

Dans une certaine mesure. Les capacités de notre « système d’adaptation » sont limitées.

 

Notre esprit et notre organisme sont conçus pour résister à certains types d’agressions extérieures. Ces agressions peuvent impacter notre physique ou/et notre mental et nos capacités d’adaptation dépendent de la fréquence et de l’intensité de ces agressions.

 

 

Répétition et intensité

 

S’il fait -10° dehors, votre corps est capable d’y résister mais pendant un temps limité. Si vous restez exposé trop longtemps et trop souvent à cette température trop basse, vous pourriez tomber malade.

 

S’il fait -50°, vous ne pourrez sûrement pas supporter cette température plus d’une minute!

 

Prenons un autre exemple: votre patron ou votre conjoint dit quelque chose d’injuste ou de déplacé: vous pourrez le supportez une fois, mais si ça se reproduit plusieurs fois par jour, vous allez ressentir de plus en plus de tension. Vous pourrez supporter cette tension -vous y adapter- jusqu’à un certain nombre de répétitions.

Ca va jusque là? Ca vous parle?

 

Imaginons que cette même personne vous dise quelque chose de vraiment violent. Il n’aura pas besoin de le faire plusieurs fois pour que la tension devienne insupportable.

 

 

Et si l’intensité de l’agression est combinée avec de nombreuses répétitions, il ne va pas falloir longtemps avant que vous explosiez.

 

 

Mais que se passe-t-il si vous ne pouvez pas réagir?

 

 

Sur-adaptation

 

 

Imaginez que votre patron est un connard arrogant qui vous parle mal: vous pourriez quitter votre job mais vous ne pouvez pas tout envoyer promener. Et il le sait. Alors il en profite.

Et vous faites naturellement le choix de vous sur-adapter, c’est-à-dire de mettre un boeuf sur votre langue et d’encaisser les coups jour après jour.

 

Dans ce cas, vous n’avez pas vraiment le choix. Ou plutôt, vos options se limitent à des choix pourris: le chômage ou le harcèlement. Il vaut mieux s’en tenir à ce qu’on connait, et qui sait si ce ne sera pas pire ailleurs?

 

Dans ce cas, vous êtes victime de circonstances que vous ne maîtrisez pas.

 

Prenons un autre exemple de sur-adaptation: imaginez que vous rencontrez une personne et vous avez le coup de foudre. Au début, tout est rose et la seule présence de cette personne rend tout plus beau. Et votre seule présence illumine son quotidien. Indépendamment de la manière dont vous vous comportez.

 

Petit à petit, vous apprenez que l’amour que cette personne vous porte est variable en réaction avec vos comportements. Si vous faites quelque chose, son amour diminue; si vous agissez différemment, son amour augmente ou se stabilise. (Les enfants connaissent bien ce phénomène. Ils essayent d’ajuster leur comportement pour obtenir de l’amour).

 

Maintenant imaginez la situation suivante: une personne agit d’une certaine manière par besoin d’amour, ou d’acceptation, ou de reconnaissance, mais cette manière d’agir lui demande une énergie considérable.

 

Par exemple, une habitude que je retrouve chez beaucoup de personnes souffrant de compulsions alimentaires: le besoin de toujours aider ou sauver les autres. Ou de ne pas savoir dire non. Une attitude souvent créée par un besoin excessif de reconnaissance .

(C’est un schéma très classique, souvent les personnes qui l’ont n’en sont même pas conscientes)

 

La personne agit différemment de ce qu’elle voudrait. Il y a un conflit entre ce qu’elle fait et ce qu’elle voudrait faire.

Ce conflit crée une tension qui épuise le système d’adaptation.

 

 

Sur-adaptation et compensation

 

 

Il y a des personnes qui sont en sur-adaptation permanente. Ce sont de véritables bombes à retardement. Vous en connaissez sûrement, des personnes très calmes et gentilles, serviables, qui peuvent exploser pour rien.

 

Parce que leur système d’adaptation est saturé, elles ont beson de compenser la tension à l’intérieur d’elles-mêmes.

 

Certaines personnes vont accumuler la pression jusqu’à l’explosion et d’autres vont développer des stratégies de compensation pour évacuer la tension au fur et à mesure.

 

Il y a des manières très saines de relâcher la pression au quotidien: pratiquer une activité physique ou artistique, méditer, dormir, lire, regarder des bonnes séries, faire l’amour, sortir et s’amuser…

Ces méthodes ne coûtent pas forcément très cher et elles n’ont pas d’effets secondaires quand elles sont pratiquée de manière adaptée.

Mais elles demandent du temps et de l’énergie.

 

Et il y a un mécanisme particulier chez l’être humain: plus on a besoin de se recentrer, plus c’est difficile de le faire. Vous avez déjà essayé de méditer quand vous êtes complètement saturé? Bonne chance ^^

 

On pourrait presque dire qu’il y a un profil de personnes sur-adaptée: ces personnes ont une prédisposition très fotre aux comportement compulsifs et impulsifs.

 

Les choses ne sont pas toujours aussi schématiques, je parle en raccourcis pour décrire le mécanisme: s’il y a une compulsion, il y a une compensation. Il y a une sur-adaptation.

 

C’est-à-dire que si vous avez tendance à abuser du sucre, de l’alcool, des pétards, ou d’autre chose, c’est que vous cherchez à compenser une sur-adaptation émotionnelle.

Et si on vous enlève votre mécanisme de compensation, qu’est-ce qui se passe? Vous vous sentez mal.

Et les tentatives pour contrôler vos habitudes restent vaines tant que vous n’avez pas régulé votre système d’adaptation

 

 

Pourquoi on se sur-adapte

 

 

La sur-adaptation est un domaine à la fois large et complexe: on peut se sur-adapter dans certains domaines de notre vie et pas dans d’autres. Certains sont sur-adaptés dans le travail, d’autres dans leur vie conjugale, et beaucoup cumulent les espaces de sur-adaptation.

 

Il peut y avoir plusieurs origines différentes. Souvent, c’est le résultat d’une éducation ou d’un conditionnement, qui crée des boucles mentales ou messages contraignants: soit fort, sois parfait, dépêche-toi, sois gentil, fais des efforts…

 

Parfois, c’est le résultat d’un évènement particulier qui crée certaines peurs à l’origine de la sur-adaptation: le rejet, l’humiliation, la trahison, l’abandon, ou l’injustice..

 

 

La sur-adaptation en général est liée à une volonté forte de préserver un certain équilibre, en évitant de faire souffrir les autres, pour être aimé, pour être accepté.

 

La plupart des personnes qui se sur-adaptent souvent plus victimes de leurs propres schémas que d’une pression extérieure réelle.

D’ailleurs, beaucoup arrivent à se convaincre que tout va bien, que ce n’est pas si grave, et à justifier leurs excès d’adaptation par des arguments pseudo-logiques ou des « décrets » (il faut prendre sur soi, il faut penser aux autres, il ne faut pas faire de vagues, etc…)

 

Ce que je constate dans mon quotidien de praticien en hypnose,  quand j’écoute les gens me raconter leur histoire, c’est que plus une personne est sur-adaptée, plus elle a tendance à se sur-adapter.

Une boucle infernale. La tension renforce les fonctionnements qui créent la tension.

Les mécanismes de compensation (addictions et compulsions entre autres) participent à renforcer ce schéma, en augmentant le niveau de tension et en faisant occulter le vrai problème.

 

 

Adaptation et sur-adaptation

 

 

 

L’adaptation n’est pas une mauvaise chose en soi. C’est une question de mesure. Imaginez comment se serai si personne ne voulait jamais s’adapter. La vie en société est faites de concession.

Le système d’adaptation est comme un muscle: il se renforce à mesure qu’on l’utilise mais il s’épuise quand il est trop sollicité.

 

Et comme avec un muscle, la progression n’est pas toujours linéaire: il y a une différence entre la pratique et le programme d’entraînement.

Si je fais des pompes tous les jours, au bout d’un moment je peux en enchaîner plusieurs dziaines mais certains jours, je ne peux pas en faire plus de 3! C’est important de reconnaître quand on a atteint sa limite pour évi

ter le surmenage.

Le problème est de trouver le point d’équilibre entre faire des concessions et ignorer ses propres ressentis. De prendre conscience de ses limites, des conditionnements, de ce qu’on est capable de supporter, et d’agir en conséquence.

 

C’est un projet ambitieux et un accompagnement est souvent indispensable.

 

 

 

Comment l’hypnose peut vous aider à réguler votre système d’adaptation

 

 

La première étape est de recréer un lien avec soi et de prendre conscience des tensions créées par la sur-adaptation.

 

Ensuite, on doit réguler le système d’adaptation pour pouvoir faire avancer le travail: un esprit en tension ne peut pas évoluer.

 

La personne sur-adaptée est épuisée et enfermée dans ses mécanismes. Pour débloquer les conditionnement et par voie de conséquences, sortir des comportements addictifs/compulsifs,  ça passe par une phase de relaxation profonde.

 

L’hypnose propose de nombreuses méthodes de relaxation physique, mentale et émotionnelle. Le praticien propose des méthodes adaptées à la personne pour induire un état de relaxation profonde qui s’oriente progressivement vers un état hypnotique.

 

L’état hypnotique est une disposition particulière de l’esprit humain. La personne est toujours consciente d’elle-même et du monde extérieure, elle est toujours capable de penser et de réagir. Il n’ya pas forcément de rupture nette entre un état ordinaire de conscience et un état hypnotique.

En hypnose, c’est comme si l’esprit était en flottement. La conscience est toujours présente, comme au ralenti.

L’état hypnotique active les mécanismes de maintenance de l’esprit et régénère rapidement le système d’adaptation.

Quand la personne est libérée de ses tensions physique, mentales et émotionnelles (ça peut prendre de 5 à 20 minutes suivant les personnes), il est possible de travailler sur les mécanismes de sur-adaptation, en fonction de la situation particulière de la personnes.

La personne redéfinit ses points d’équilibre et c’est comme si on procédait à des réglages. L’hypnose, c’est de la maintenance.

 

A partir de cette étape, il est possible de travailler sur les compulsions proprement dites, parce qu’on s’est occupé de leurs origines.

Quand on estompe ou élimine le besoin de compensation, les compulsions peuvent disparaître d’elles-mêmes. Elles peuvent aussi persister par automatisme, c’est pour ça qu’un travail spécifiques sur les attitudes compulsives est indispensable.

 

 

Merci de votre attention, j’espère que cet article vous aide à mieux comprendre les mécanismes de la compensation.

 

 

Belle journée

 

 

 

Emmanuel

 

 

Contact et renseignements: 0682150905